La baisse du coût du transport aérien, rendue possible par la démocratisation d’Internet, a donné naissance au tourisme médical – une pratique de plus en plus populaire où des personnes parcourent des milliers de kilomètres pour recevoir des soins de santé à des prix très attrayants, notamment dans les domaines de la chirurgie esthétique et de la correction de la vision au laser, ainsi que pour des soins dentaires. L’orthodontie devient également une autre forme de soins très recherchée par les touristes en quête de traitements à faible coût. Nous déconseillons toutefois fortement ce type de démarche en raison des risques associés.
Contrairement à la plupart des traitements médicaux et dentaires, une période de traitement orthodontique s’étend souvent sur deux ans ou plus. Pendant cette période, le patient a besoin de plusieurs rendez-vous d’ajustement avec l’orthodontiste. Un seul voyage ne suffit pas pour terminer un traitement orthodontique. Ainsi, avec tous les déplacements pour les ajustements ou même pour des rendez-vous d’urgence, ce qui semblait au départ une excellente affaire commence à perdre de son attrait. De plus, comme les cliniques dentaires concernées ne sont pas soumises aux normes strictes de stérilisation et d’hygiène du Canada, rien ne peut garantir l’asepsie des installations et des matériaux utilisés.
De nombreuses personnes croient, à tort, qu’il est plus économique de faire poser leurs appareils orthodontiques à l’étranger, puis de poursuivre le traitement au Québec. En réalité, dans la plupart des cas, les honoraires pour la pose des appareils sont comparables à ceux facturés ici. De plus, les appareils et les techniques utilisés peuvent être différents de ceux couramment utilisés au Québec, ce qui oblige souvent à remplacer les appareils. Le patient paie donc deux fois la pose.
Enfin, la pratique de l’orthodontie à l’étranger n’est pas encadrée par l’Ordre des dentistes du Québec. En cas de complications, le patient ne peut pas déposer une plainte auprès de l’Ordre pour signaler un traitement inadéquat. Toute démarche juridique doit donc être entreprise à l’étranger – une procédure qui risque d’être à la fois coûteuse et complexe.
Pour toutes ces raisons, nous recommandons fortement de ne pas faire poser des appareils orthodontiques à l’étranger. Un traitement orthodontique qui commence et se termine au Québec demeure toujours la meilleure option.